Festin

crédit photo : Mélanie Le Goff

JB : Percussions & basse

Moref : Jazzmaster, voix, drones

C’est peut être pour se rapprocher d’une Amérique dont les groupes chéris hantent l’univers de Festin que ces nordistes ont migré vers la pointe de la Bretagne, quittant un univers de briques et de gueules noires pour la ville aux trottoirs trempés. Car si par moment c’est plus aux Limiñanas que fait penser cette complicité batterie/guitare où de furieuses décharges électriques répondent au tom basse martelé à l’envi, c’est surtout aux grandes et belles heure du slowcore US que Festin nous renvoie, conviant à ses chevauchées arides, ses danses grises et humides, Come, Rex, Directions, ou Gastr Del Sol…

Chez Festin, les textes ramènent souvent à une condition humaine faite de souffrances des corps et des âmes, de lassitude et de vies parfois plus subies que rêvées. Alors pour s’en extirper, comme on irait malgré tout faire une ballade malgré la pluie incessante, parce qu’on n’en peut plus, qu’il faut sortir, le duo offre ce Festin riche et varié, tête basse, mains enfoncées dans les poches, prêt à lutter contre les éléments, mais l’esprit libéré. Parfois, la voix se tait, pause onirique sur « recommencer », conclusion plus abstraite hantée par le grincement des portes qui ferment ce beau disque sur « recommencer encore ».

Avec « Le Fou Comme Un Autre », premier disque aussi tendu et dépouillé en apparence qu’il ne recèle de richesses internes quand on apprend à le connaître, Festin devient définitivement brestois et invite l’auditeur à un de ces moments de convivialité comme seul le port du bout du monde sait en proposer.